Cécile de La Chapelle
Cécile de La Chapelle

La robe de mariée

 

A Charlotte et Arthur

 

Homélie du frère Paul Marie Cathelinais, op.

 

 

 

De toutes les belles robes qui sont ici réunies dans cette noble assemblée, il faut bien dire qu’aujourd’hui c’est vous qui portez la plus belle. J’aimerai parler de votre robe. C’est à l’homélie en effet que revient cette noble tâche de redonner un sens plus pur aux mots de la tribu. « Que ton oui soit oui et que ton non soit non ». Or, ce qui est vrai pour les mots l’est d’autant plus quand il s’agit des symboles ; la liturgie sacrée en est remplie. Votre robe aujourd’hui fait partie des signes liturgiques.  Evidemment, à vous qui travaillez dans un magasine de mode je ne vous ferai pas l’affront de leçons de haute couture. Souffrez pourtant qu’un frère dominicain vous donne à tous les deux à propos de cette robe quelques leçons de haute théologie. C’est une robe, elle est blanche, et vous portez un voile. Trois caractéristiques aussi simples que significatrices pour un sermon en trois parties. 

 

La robe d’abord.

           


La robe est un tissu. Or un tissu c’est un croisement de nombreux fils. Beaucoup de sagesses religieuses évoquent d’ailleurs le métier de tisser pour parler d’une vie et de sa destinée. Cette robe représente votre vie.  Elle commença par l’entrecroisement de deux fils : vos parents qui dans l’amour vous ont donné la vie. Puis de nombreux fils se sont ajoutés ; ils sont là derrière vous. Vos frères, vos sœurs, vos cousins, vos amis. Leur exemple, leur amitié, leurs paroles tissent aujourd’hui ce que vous êtes. Il y eut des fils forts et des fils faibles et cela nous rappellent que nous sommes tous responsables de nos frères. Avec vous, derrière vous, ils disent oui et s’engagent par leurs vœux de bonheur à faire de votre oui un vrai oui.

Cette robe c’est votre vie. Or cette Robe est nuptiale. C’est une robe d’amour, la robe que l’on porte quand on se donne totalement. Voilà pourquoi elle plaît. La vie, notre vie, est faite pour le mariage car la vie est faite pour l’amour. La vie n’a qu’un sens : aimer. La vie est faite pour se donner. La vie est fondamentalement un don. Ce don est au principe de la vie comme en son terme. Vivre c’est se donner et se donner c’est s’engager. Même la mort, même la souffrance, quand elle est donnée est source de vie. « Qui veut sauver sa vie la perdra et qui donnera sa vie la sauvera ». Un véritable époux ne dit pas : « Je te prends pour épouse, par confort personnel, pour réaliser mes projets à moi. Non ! Je ne te prends pas, mais je te reçois. Je ne me réalise pas, mais  je me donne à toi. Cette robe est nuptiale, elle plaît, car une vie donnée est secret de bonheur !

         Enfin la robe a pour but couvrir la nudité. Ainsi Dieu après le péché avait remis à Adam et Eve des peaux de bêtes. Pour deux raisons. Primo, parce qu’ils avaient honte l’un devant l’autre. En effet, le corps dit la personne. Or la nudité par le péché de l’homme avait fait de la femme un objet qu’on prend et qu’on jette pour son plaisir. Le sexe n’était plus un langage d’amour. Redonner un vêtement c’est magnifier le corps, lui redonner sa dignité et rendre l’amour des corps à l’amour des personnes. Que cette robe si belle, vous donne de vous respecter toujours. Que vos tendresses, que votre acte sexuel soit toujours un don nouveau, toujours un don de deux personnes qui se donnent tout entières.


 

La couleur blanche.

 


Deuxièmement la nudité, dans la bible est signe de culpabilité de telle sorte que donner un vêtement s’est faire miséricorde. Cette robe est blanche, comme la robe du baptême lavée dans le sang de l’Agneau. La première fois d’ailleurs que vous êtes sortie d’une église vous étiez habillée d’une belle robe blanche. Le blanc ce n’est donc pas d’abord le signe d’une virginité mais le signe d’un pardon qui nous lave de nos fautes.

La miséricorde donne de la valeur à une vie. On ne naît pas parfait. Nous n’avons pas été voulus ni aimés d’abord parce que nous étions parfaits. On n’attend pas d’être parfait pour vivre comme on n’attend pas d’être parfait pour se marier. Toute vie commence à croître dans ce berceau d’amour. Au départ d’une vie, il y a un acte de miséricorde comme au départ d’un foyer, il y a un acte de miséricorde. On ne mise pas seulement sur les qualités de l’autre. On mise sur une personne avec tout ce qu’elle porte de fragile. Se marier c’est déjà pardonner car nous savons qu’on ne progresse et qu’on ne grandit que dans l’amour. Autrement dit, on ne peut aimer, on ne peut se marier et même entrer au paradis sans la miséricorde.     

C’est donc comme pardonnée que vous entrez dans ce mariage, comme fille de Dieu. Arthur, il y a maintenant quelques mois vous avez demandé la main de Charlotte à son père. Aujourd’hui vous demandez la main de Charlotte à son Dieu. Il vous la donne et il vous la confie volontiers. C’est lui qui vous unit. Au jour de son baptême, ses parents ont choisi Dieu pour providence. C’est à vous maintenant qu’est confié cette vie, son corps et son esprit, sa santé comme sa sainteté. Respectez là bien sûr et faîtes tout, jusqu’à saigner, pour garder cette robe blanche. Elle est sa dignité de femme, une dignité de fille de Dieu. Pas moins !


 

Le voile.

 


Le blanc n’est donc pas le signe unique de la virginité. C’est au voile d’ailleurs quand il couvre le visage que revient traditionnellement cette suprême élégance. Comme un jardin précieux qu’on clôt, la virginité rappelle combien est précieuse ce sein où un enfant va naître et grandir ; la virginité éduque à l’infini respect du sanctuaire de la vie. Mais elle éveille aussi la puissance de l’amour en réservant nos plus fortes et plus vivantes énergies pour celui à qui on se donnera toute sa vie. Il est si malheureux, si vulgaire, si nul en fait que le plaisir sexuel soit devenu un jeu. Ne plus magnifier la virginité c’est déclasser la sexualité au rang du manger et du boire. Pfff ! Perdre son sens, ne plus attendre, c’est gaspiller la plus belle des jouissances humaines qui devrait comme un bijou précieux ne s’offrir qu’en de vrais temps de fêtes. Passons sur ces milles bassesses... Honorer la virginité c’est déclarer haut et fort que la femme n’est pas seulement épouse ou mère. Elle n’est pas que pour un autre ; elle fut créée pour elle-même, comme l’edelweiss sur une haute montagne, gratuite, libre et imprenable. Perdre le sens de la virginité c’est toujours aliéner la femme à une fonction. Au don, le voile et la virginité ajoutent la valeur infiniment précieuse d’une vie personnelle.

Le voile est signe de virginité car plus fondamentalement le voile est signe d’intériorité. Sous le voile est l’invisible et dans cet invisible la femme élève et intériorise les grands et petits événements de sa vie comme ceux de sa famille. Elle les rend éternels car elle les rend sacrés. L’amour, le vrai, est intérieur. Tu veux aimer, prie. Aimes dans ton cœur, veilles sur tes mouvements intérieurs, aime en silence, en esprit et les mots seront doux, les reproches justes et les fatigues compatissantes. Ah notre homme intérieur ! C’est de l’intérieur que devrait se reconstruire les couples en crise. Jésus, ici, n’en doutez pas est le maître des cœurs. Ah ! si les cœurs plus souvent s’élevaient vers Lui, l’amour ne passerait pas si vite ! Priez ! Vous vous aimerez plus fort, plus haut et si sûrement.

Enfin il est une vieille tradition qui consistait à utiliser le voile de la mariée pour couvrir le berceau de l’enfant. La virginité, la vie, votre bonheur est fait pour se communiquer. Que votre amour surabonde ainsi toujours ; vos faiblesses ne sont rien si l’amour les élèves ; vos faiblesses ne sont rien, si vos vie portent du fruit ! Que Dieu vous bénisse et qu’il tisse vos vies.

   Amen


 


 


 

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Sermon : La robe de mariée

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